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CHATENOIS
Population : 3 810 hab. (2006)
Densité : 261 hab./km²
Gentilé : Castinétains
Castinétaines
Coordonnées Géographique
48° 16′ 21″ Nord
7° 24′ 05″ Est
Altitudes
mini. maxi.
179 m 525 m
Superficie : 14,57 km²



HISTOIRE GÉNÉRALE de CHÂTENOIS :

L'origine de CHÂTENOIS remonte au temps des Celtes, mais les traces de leur passage se résument à la découverte de quelques objets épars.

C'est au temps des Romains que la cité entre vraiment dans l'histoire sous le nom de CASTINETUM (lieu planté de châtaigniers). Une borne milliaire située non loin du Giessen rappelle la route romaine qui longeait les Vosges. De même, 2 dalles de grès représentant les dieux romains Mercure et Rosmerta ont été retrouvées près de la source Georgenbrunnen.

Puis arrive la chute de l'empire romain et l'installation des populations franques en Alsace qui cohabitent avec la population gallo-romaine. Là aussi, 6 sarcophages ont été retrouvés près de la même source Georgenbrunnen. Ils contenaient des squelettes, une épée et quelques bijoux. Ils peuvent être datés de vers 650 ap. JC. A noter, la chapelle qui abrite cette source, édifice qui pourrait être du XVème siècle.

Au Moyen Age, le site de Châtenois au débouché de 2 vallées vosgiennes (Sainte Marie et Villé) est stratégique puisqu'il permet de contrôler le passage vers la Lorraine. Bien sûr, il fallait un lieu fortifié pour pouvoir prétendre jouer un rôle stratégique. En 1138 une famille noble, VonKestenholtz, est citée. Elle habitait certainement le château, peut­être implanté à l'emplacement de l'actuelle église, château dont la base du clocher actuel aurait été le donjon daté, de par sa structure, du XIIème siècle. L'église primitive, peut­être consacrée à Saint Pierre, se serait trouvée dans la partie nord de l'actuel cimetière fortifié. C'est ainsi que Châtenois possède le plus grand cimetière fortifié d'Alsace qui, outre l'église et le cimetière, englobait toute une série d'habitations. L'enceinte intérieure du cimetière fortifié a été construite vraisemblablement entre 1200 et 1250 et remaniée postérieurement. Cette enceinte était défendue par plusieurs maisons fortes occupées par des vassaux castraux. Le presbytère actuel occupe l'emplacement d'une de ces demeures nobles.

Vers 1400, l'évolution de l'armement a amené l'évêque, propriétaire de Châtenois, a construire une seconde enceinte. La structure médiévale du cimetière fortifié de Châtenois avec un double fossé et un double rempart, actuellement en cours de restauration, reste parfaitement visible pour le promeneur qui découvre le site. Dans ce même quartier se dresse encore un impressionnant pignon du Moyen-Âge, probablement construit entre le XIIème et le XIVème siècle, qui a été le siège de l'administration seigneuriale (Herrenhaus). C'est vraisemblablement dans les dépendances de ce bâtiment, que l'évêque battait monnaie à Châtenois dans un atelier monétaire cité entre 1296 et 1306. Pour accéder à ce cimetière fortifié il n'existait qu'un seul accès, qui est la porte tour aujourd'hui dénommée : Tour des Sorcières, et qui avec le clocher si particulier, est l'emblème de Châtenois à travers toute l'Alsace.

En 1298 le village fut brûlé par les habitants de Sélestat parce que les Castinétains avaient détourné la rivière, en l'occurrence le Muhlbach. En 1410, l'évêque trop endetté vend le village au Grand Chapitre de la Cathédrale de Strasbourg qui restera le Seigneur de Châtenois jusqu'à la Révolution. En 1444, Châtenois est occupé par les Armagnacs commandés par le dauphin de France, le futur Louis XI.

LES BÂTIMENTS.
La paix revenue, les Castinétains construisent en 1496 l'actuelle Mairie, siège de l'administration municipale, par opposition au pignon précédemment cité et siège de l'administration seigneuriale. Ce bâtiment Renaissance est surmonté d'un clocheton. L'appel de la cloche sonnait le rassemblement des bourgeois. 5 ans après, en 1501, c'est l'auberge de l'Aigle qui est construite, imposant bâtiment Renaissance voisin de la mairie. Dès la fin du XVIème siècle ce bâtiment s'appelle, comme aujourd'hui encore l'auberge de l'Aigle. A noter que le village n'était pas entouré de remparts en pierre, mais uniquement d'une levée de terre et d'un fossé. 4 portes dont ne subsiste que la porte Est, en permettaient l'accès. Châtenois échappe à la destruction en 1525 lors de la guerre des paysans, malgré le massacre par le duc de Lorraine de plusieurs milliers de paysans à ses portes au lieu-dit Krefzen, entre Châtenois et Scherwiller. Par contre, Châtenois est incendié par les Suédois qui prennent le village en 1632. Disparaît alors le siège de l'administration du Grand Chapitre dont il ne reste plus que le pignon mentionné plus haut. La commune restera suédoise jusqu'au rattachement à la France en 1648. Arrive l'heure de la reconstruction et beaucoup des maisons anciennes datent de la fin du XVIIème et de la première moitié du XVIIIème. C'est aussi en 1698 la construction de la chapelle Sainte Anne et en 1709 de la chapelle Sainte Croix. Malgré les dévastations de la Guerre de Trente Ans quelques rez de chaussée de maisons du XVIème subsistent

La réalisation de l'enceinte fortifiée de Sélestat par Vauban à partir de 1681 amène à creuser un canal entre cette ville et Châtenois pour le transport du granit du Hahnenberg. Son tracé est parallèle à celui de l'actuelle RN 59.

Au XVIIIème Châtenois connaît une forte expansion démographique qui oblige à reconstruire l'église. C'est ainsi qu'en 1761 est achevée l'église Saint Georges actuelle. Seul le clocher de l'église médiévale est conservé, avec ses échauguettes très caractéristiques de Châtenois. Le chœur est baroque, ce qui est rare en Alsace. (A l'exception de l'église d'Ebersmunster.)

La Révolution amène nombre de tensions à Châtenois. Ainsi les révolutionnaires menacent-ils de jeter leurs opposants surnommés les jaunes par les fenêtres de la Mairie. En 1792, l'église et la chapelle sont louées comme entrepôts, les cloches sont démontées. En 1793, le maire, l'instituteur et le sacristain sont arrêtés et emprisonnées pendant que le commissaire accompagné des 13 cavaliers ayant participé à l'arrestation se restaure aux frais de la Commune !

L'ÉCONOMIE.
Les événements de la Révolution et l'expansion démographique obligent la population à chercher d'autres revenus que le seul travail de la terre et de la vigne. Déjà au XVIIIème siècle de nombreux Castinétains étaient tisserands parallèlement au travail de la terre. Dès 1820, sous l'impulsion de la famille WOLBERT, des ateliers de métiers à tisser se créent et très vite passent sous le contrôle des grandes familles manufacturières de Sainte Marie aux Mines. C'est le début d'une épopée industrielle qui liera Châtenois et le textile jusque dans les années 1970. Cette activité perdure même, de façon très spécialisée, dans l'entreprise HARTMANN. Ainsi, Châtenois acquiert un caractère plus ouvrier que ses voisines Scherwiller et Kintzheim restées très longtemps presque exclusivement rurales. A côté du textile, Châtenois développe dès le XVIIIème siècle d'autres activités originales comme la meunerie (11 moulins en activité au 18ème), les papeteries (du 18ème à vers 1840), les fabriques de cigares au début du XXème, les tuileries dès le moyen-âge avec un développement industriel aux XIXème et XXème, une brasserie du 18ème au 20ème, ainsi que de nombreux ateliers artisanaux. Châtenois est un véritable centre industriel au début du XXème siècle. Cette activité industrielle a permis de fixer la population et a même attiré de nouveaux habitants. En 1866, à son apogée, la cité comptait 4 062 habitants. L'émigration vers l'Algérie et l'Amérique a concerné un certain nombre de familles pauvres à cette époque.

LE XIXème ET LE XXème SIÈCLES.
Ce développement rapide de la population incita à construire une nouvelle école, l'école actuelle, bâtie en 1867. En 1879, le 4 août, un violent incendie éclate, qui va détruire 120 maisons situées du côté ouest de l'axe principal. Châtenois a, ce jour-là, perdu une partie de ses bâtiments historiques. En 1911, un second incendie détruit 29 maisons dans le quartier dit Storckennest. La densité des habitations et leur imbrication explique ces lourds bilans.

LES BAINS.
Les bains de Châtenois, connus dès le moyen-âge, deviennent un haut lieu mondain suite à la construction d'un hôtel et d'un centre de bains en 1875 par la famille PETITDEMANGE. Jusqu'en 1904, des bains médicaux dits "Badbronn" et "Heinrichsquelle" attiraient des foules de curistes à Châtenois. Cet établissement attire une clientèle européenne mais est ravagé par un incendie en 1904 et ne s'en remettra plus.

Suite à ces drames, la population périclita jusqu'en 1936 et depuis son augmentation est régulière pour compter actuellement environ 3600 habitants. Comme toutes les autres communes alsaciennes, Châtenois a connu lors de la dernière guerre le drame des malgré-nous, les plus jeunes incorporés de force n'ayant pas 16 ans lors de leur départ !

Le XXème siècle est aussi le siècle du grand développement urbain de Châtenois ; surtout après la deuxième Guerre Mondiale. Profitant essentiellement de la décentralisation de Sélestat, sa surface a plus que triplé en 30 ans, soit par ses lotissements ou habitat pavillonnaire. Sa population a fortement progressé à la fin du XXème siècle, et sa croissance reste très vive, alors que s'esquisse une agglomération de Sélestat dans le cadre d'une communauté de communes où Châtenois représente le deuxième grand pôle après Sélestat.

Dans les réalisations architecturales les plus marquantes de l'époque contemporaines, on peut citer la maison de retraite, le complexe multifonctions et la nouvelle école maternelle ainsi que les établissements spécialisés dans l'accueil des handicapés construits par l'APEI.

BAN ET AGRICULTURE.
Le ban de Châtenois, qui englobait jusqu'en 1926 l'annexe de La Vancelle devenue à cette date commune indépendante, possède une superficie de 1 340 ha (1470 ha avec la voirie nationale et départementale) dont 170 ha de vignes (presque la moitié appartiennent a des habitants de Scherwiller et de Kintzheim) et de 189 ha de forêts soumis au régime forestier. La principale activité agricole est la viticulture.

ECONOMIE & EMPLOIS.
Châtenois peut offrir de nombreux emplois à ses habitants. L'aménagement de la zone d'activité du Sultzfeld et celui de la zone Grube a permis l'implantation de nouvelles industries pourvoyeuses d'emplois.


Luc ADONETH, mai 2002 complété octobre 2006
En savoir plus sur Châtenois via wikipédia


LES ACTES MIS A VOTRE DISPOSITION :

  • Naissance > de 1719 à 1935
  • Mariage > de 1738 à 1935
  • Décès > de 1685 à 1935



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