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LA VALLÉE DE LIÈPVRE

Notre belle Vallée est traversée de bout en bout sur 25 kilomètres par la Lièpvrette qui sort de la chaîne principale des Vosges, aux environs du Col du Bonhomme, successivement appelée LAIMA, LEBERA, LEBRAHA par les Carolingiens et LEBER par les Germaniques.
La Vallée de la Lièpvrette, Le Val de Lièpvre, La Vallée de Sainte Marie et aujourd'hui, le Val d'Argent se compose de 4 Communes :
  • Lièpvre, berceau de la Vallée,
  • Rombach-le-Franc,
  • Sainte Croix-aux-Mines,
  • Sainte Marie-aux-Mines.
Elle possède un très riche patrimoine minier, religieux, architectural et militaire.
Elle est bordée au Sud par le Brézouard 1229m, le Taennchel 992m, le Haut-Koenigsbourg à 775m. Au Nord, l'Altenberg 880m, le Chalmont 703m, le Coucou 819m et le Frankenbourg 768m.
Après la construction du monastère de Lièpvre par l'Abbé Fulrade, et après sa mort en 784, la vie s'est installée autour des moines. Au 8ème siècle déjà le Val de Lièpvre formait en Alsace une enclave d'expression franque, particularité qu'elle a su garder dans les villages de la vallée, en dépit des vicissitudes de son histoire.
Le Val de Lièpvre, par la richesse de son sol aux mines d'argent déjà prometteuses, suscite l'appétit des grands et principalement les ducs de Lorraine vers 950. La maison de Lorraine s'en empare en 1404 et plus encore en 1444, à la faveur de la guerre des Armagnacs. Les ducs de Lorraine en sont les maîtres incontestés jusqu'à l'extinction de leur dynastie avec la mort de Stanislas en 1776. A cette date, réunie à la France, la vallée est ensuite intégrée dans le département du Haut-Rhin, lors du découpage territorial en 1790.
Si le Val de Lièpvre était autrefois Lorrain, religieusement il fut toujours Alsacien, puisqu'il dépendit constamment du diocèse de Strasbourg.
En allemand, la vallée de Lièpvre prend le nom de LEBERTHAL ou de LEBERACHTAL et en latin celui de LEPORA LEPOREACENSIS VALLIS.
Un siècle environ après Fulrade, vers 850, dans la vallée du Petit-Rombach, se fonde un monastère qui prend le nom d'Echery. Sous l'impulsion de ses moines, la riche exploitation des mines d'argent de l'endroit est ouverte et poursuivie quatre siècles plus tard (1232) par les seigneurs d'Echery, auxquels succèdent les Ribeaupierre, leurs héritiers féodaux, originaires de Ribeauvillé. Les uns et les autres sont les fondés de pouvoir des ducs de Lorraine.
Par traité du 13 décembre 1399 entre les ducs de Lorraine et les Ribeaupierre, un certain partage de la vallée est décidé :
  • Aux Ribeaupierre revient la partie Sud de Sainte Marie-aux-Mines délimitée parla Lièpvrette et quelques petites localités, le tout sur la rive droite du cours d'eau.
  • Aux ducs de Lorraine, représentés par leur vassal Halstatt, le reste de la vallée,soit Lièpvre, Sainte Croix-aux-Mines et les trois Rombach.
On constate qu'au Val de Lièpvre, mais aussi dans les trois autres vallées du versant oriental (Orbey, Lapoutroie, Val de Villé, Saales, Schirmeck, etc...) la population a toujours utilisé le français comme langue véhiculaire. Lorsqu'au 5ème siècle, les Alamans débordèrent en Alsace, ils conquirent bien la plaine et quelques vallées où l'on ne sut pas organiser la résistance, mais dans les quatre vallées du centre de la chaîne, les populations celtiques latinisées se maintinrent et gardèrent leur idiome. Les noms de famille et de localités, les lieux-dits sont presque tous à consonance française.
La quasi totalité des habitants a le français pour langue usuelle. Seule Sainte Marie-aux-Mines échappe à cette règle puisque un fort noyau d'habitants est d'expression germanique en raison de l'exploitation des mines d'argent ouvertes au 17ème siècle, où l'on fit venir des ouvriers saxons qui s'y fixèrent et conservèrent leur parler tudesque. Auparavant Sainte Marie-aux-Mines n'employait que le français.
Région frontalière, la vallée est soumise très tôt aux flux et reflux des incursions guerrières, avec les lourdes conséquences qu'en ressent le patrimoine local par la destruction des archives de toutes sortes, des monuments d'art ancien etc..., pour n'évoquer que les seuls dommages matériels :

VIIIe siècle - 955.

Terribles invasions des Hongrois en Alsace, pillant, brûlant tout sur leur passage.

XVe siècle - 1445.

Défaite des Armagnacs, milice irrégulière, conduite par le Dauphin Charles VII le Victorieux, formée de mercenaires de diverses nations : anglais écossais, français, dont les Armagnacs sans doute, bandes de partisans qui mirent à feu et à sang la Haute-Alsace.
Des représailles par la troupe du comte palatin, de l'évêque et de la ville de Strasbourg, sur ceux qui ont fait acte de soumission à l'armée du Dauphin.
Le résultat : destruction de St-Hippolyte et de tout le Val de Lièpvre. La commune de Lièpvre est réduite en cendres de même que tous endroits habités.

- 1486.

Dure razzia par des bandes de pillards.

XVIe siècle - 1516.

Saint-Hippolyte est au centre d'un litige au sujet des riches mines du Val de Lièpvre. Le seigneur de Gérolseck (près de Saverne), à la tête de 6.000 hommes s'en empare. Lièpvre n'est pas épargné. A la suite de quoi le duc de Lorraine convient d'en assurer désormais la protection.

- 1525.

Guerre des Rustauds, née des querelles religieuses et sociales.

- 1592 - 1593.

Le marquis de Durlach, vassal du duc de Lorraine est en différend avec ce dernier pour une question de solde revenant à sa troupe; il envahit le val avec son armée. Lièpvre est de nouveau mis à sac et brûlé de fond en comble.

XVIIe siècle - 1614.

Les Huguenots sont chassés de Sainte Marie-aux-Mines côté lorraine ainsi que du Val de Lièpvre.

- 1633.

Guerre des Suédois. Une grosse parti des Suédois envahissentt la plaine, submerge Villé, investissentt le Frankenbourg dont la ruine daterait de l'époque, le Haut-Koenigsbourg le 7 septembre 1633. De là, il déferle sur la Vallée, y amenant, pour comble, la peste. Pillage et destruction totale.

Geurre de 30 ans
1618 - 1648.

Plusieurs pillages et incendies.


Du 15ème au 17ème siècle, l'exploitation des mines d'argent, de cuivre et de plomb assure la prospérité économique du Val de Lièpvre, et a été à l'origine du développement de son peuplement, jusqu'à 3000 mineurs venus de divers pays (dont la Suisse, Saxe etc...) introduisant la langue allemande dans cette vallée francophone. Mais après la guerre de 30 ans, le déclin survint, et les sursauts de reprise au 18ème siècle (300 à 500 mineurs de 1720 à 1757) puis avant la révolution avec quelques dizaines d'ouvriers, n'eurent que peu d'envergure.
Le textile constitua alors un relais important: premières fabriques implantées en 1740 et 1755; 30 usines en 1830. Le canton atteignait alors les 20 000 habitants En 1890, 15 ateliers de tissage. Une réduction lente, puis accélérée, dûe aux difficultés des sites, et la concentration des usines vers l'avant pays et les villes mieux desservies en communications dès 1936.



En savoir plus sur Le Val de Lièpvre, via wikipédia



Photo de Georges Jung


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