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Fouchy
LE BONHOMME
Population : 854 hab. (2008)
Densité : 39 hab./km²
Gentilé : Les Bonhommiens
Coordonnées Géographique
48° 10′ 24″ Nord
7° 06′ 51″ Est
Altitudes
mini. maxi.
644 m 1 231 m
Superficie : 21,98 km²


Petite Histoire :


TOPOGRAPHIE :
Le Bonhomme est un village de montagne situé sur la RN 415 entre Colmar et Saint Dié. Il appartient au canton de Lapoutroie, à l'arrondissement de Ribeauvillé, au département du Haut-Rhin. C'est la dernière agglomération avant le Col du Bonhomme, versant alsacien.


ARCHEOLOGIE :
En 1879, quatre haches de bronze du néolithique ont été trouvées au ravin Beau-Séjour. Deux d'entre elles sont au Musée des Unterlinden à Colmar. Une route romaine venant du Col, conduisait par le Grand-Trait, Ribeaugoutte et le Kalbin, vers Riquewihr et probablement Neuf-Brisach. Son tracé dallé est encore apparent à certains endroits. Il ne reste que très peu de vestiges de la forteresse de Judenbourg.


TOPONYMIE :
Les diverses archives nous donne les renseignements suivants sur les différents noms que le village a porté :
  • En 1317, Gothahus ze Judelinshus.
  • En 1441, Domus Judlini.
  • En 1476, Judelshausen.
  • En 1507, Le Bonhomme.
  • En 1566, Diedoltzhusen.
  • En 1650, Diedelbus.
Les premiers noms n'ont rien à voir avec les Juifs. Ils proviennent de l'allemand Judo ou Judlin.
Les autres rappellent Déodat et sa bonté. Dans le dialecte alsacien la ville de Saint-Dié s'appelle Sanlet DIEDEL.


HISTOIRE ADMINISTRATIVE ET POLITIQUE :
Le premier groupe humain établi à l'emplacement du village actuel doit être très ancien. Les documents attestant l'existence d'une localité datent du 12ème siècle. Elle appartenait aux comtes d'Eguisheim. Elle ne faisait pas partie de la Seigneurerie du Hohnak. C'était un fief Habsbourgeois.
En 1317, seulement, les Ribeaupierre sont cités comme maîtres du Bonhomme. En 1325, il est fait mention d'un poste de péage. En 1329, ils donnèrent le village en fief à la famille d'Aveline. En 1441, il revint aux Ribeaupierre. Les Seigneurs du lieu resteront les Ribeaupierre jusqu'à la révolution française.


HISTOIRE ECONOMIQUE :
L'élevage a toujours été prédominant : vaches laitières, chèvres et moutons.
En 1476 et en 1551, on mentionne une mine de fer qui aurait nécessité cinq fours et un forge. La production de fonte aurait été importante, si on en croit les documents d'époque.
En 1752, des mines de charbon furent exploitées près du village. Pendant la guerre de 30 ans, le village fut pillé et incendié comme tous ceux du Canton. Il resta désert pendant des années.
Un édit royal de 1662 fit appel aux régions voisines pour repeupler l'Alsace. Des familles lorraines venues du versant ouest des Vosges appréciant les avantages qui leur étaient promis, relancèrent la vie économique. La nouvelle route fut construite de 1839 à 1843 jusqu'au village. De 1843 à 1848 elle fut prolongée jusqu'à Lapoutroie.
Le village eut beaucoup à souffrir des deux guerres mondiales. Beaucoup de maisons détruites, les habitants évacués : toute la vie économique était à restaurer.


HISTOIRE RELIGIEUSE :
L'existence d'une église est mentionnée en 1317. Les Clarisses d'Aspach devaient y entretenir un prêtre, la paroisse faisait alors partie du Chapître rural "Ultra Colles Ottonis" du diocèse de Bâle.
Le droit de Patronat appartenait aux Ribeaupierre. Ils en percevaient la dîme. Le patron de l'église est Saint Nicolas depuis le 18ème siècle.
Depuis l'incendie de 1858, l'église fut reconstruite dans le style néo-roman. L'existence d'une chapelle est encore notée en 1858. Elle a été détruite et non reconstruite, mais le lieu-dit s'appelle toujours "La Chapelle".


ARMOIRIES :
Mi-partie coupées. Au premier d'or à un lion de sable brochant sur une face de gueules; au second d'argent à trois écussons de gueules posés deux et un. Au troisième d'azur à une mitre épiscopale d'argent garnie d'or, un fanon de même à sénestre et une crosse d'or posée en bande placée derrière la mitre.


HISTOIRE ECONOMIQUE CONTEMPORAINE :
Le ban de la commune s'étend sur 2212 ha. Le tout en forêts et en pâturages. L'économie du village est celle d'un village de montagne. Elevage : 500 bovins. En 1945, il y avait 70 fermes. En 1975, on n'en comptait plus qu'une vingtaine.
Le tourisme prend de l'importance. En plus des magasins d'alimentation, de la boulangerie-pâtisserie-salon de thé, de la boucherie, des fromagers, il faut compter 5 hôtels-restaurants, 3 restaurants, une ferme auberge, 7 gîtes ruraux, 6 meublés, 3 pistes de ski de fond, 6 pistes de ski alpin, desservie par 5 remontées mécaniques, permettant les sports d'hiver, car le village, vu son altitude, bénéficie d'un enneigement suffisant de décembre à mars.
Station officielle de sports d'hiver.


POPULATION :
En 1895, la population s'élevait à 1050 habitants. Le recensement de 1975 n'en signale plus que 696, la commune en compte 779. Une partie du village est groupée autour de l'église et de la mairie. Elle se dissémine largement sur les pentes de la montagne. Les nombreuses sources ont favorisé un habitat dispersé. Beaucoup de fermes ont été achetées pour devenir des résidences secondaires. Comme dans tout le canton de Lapoutroie, les habitants du Bonhomme parlent le français. Les personnes âgées parlent encore le patois roman, qui rappelle le patois vosgien.
La commune du Bonhomme est jumelée avec la commune de Kernilis, en Bretagne.
La population active du Bonhomme trouve du travail sur place ou dans les environs.


VISAGE DU BAN COMMUNAL :
Près du village, sur le flan nord de la montagne, se trouvent les faibles restes de la forteresse du Gutenbourg ou Judenbourg. Elle est mentionnée en 1162. Les nobles de Gutenbourg sont cités comme vassaux des comtes de Ferrette à la fin du 12ème siècle. Comme nous l'avons mentionné au début de ce croquis historique, elle passa aux Seigneurs de Ribeaupierre, puis à la famille lorraine d'Aveline. En 1372, la veuve du Seigneur d'Aveline en revendit la moitié aux Ribeaupierre qui en obtinrent l'autre en 1441. Son emplacement sur un piton stratégique, permettait de surveiller les invasions lorraines par le col du Bonhomme.
Dans le ban communal, s'élève la Tête des Faux (1219), où des combats très durs opposèrent allemands et français pendant la guerre de 14-18, et pendant la guerre 39-45. D'importantes fortifications furent construites : tel le tunnel de plus d'un kilomètre de long, creusé depuis la roche du corbeau jusqu'au sommet de la Tête des Faux. Le col de Louschbach (977m), emprunté par la route des crêtes. Le col des Bagenelles (950m) domine la vallée de Sainte Marie aux Mines.
Les massifs du Rossberg et du Brézouard dont l'altitude dépasse 1000m. Le "Vallon" avec son étang de 60 ares, où la pêche à la truite est ouverte de mai à septembre. Cadre remarquable.
La Béhine traverse le village en roulant ses eaux tumultueuses. Elle se jette dans la Weiss à Hachimette après avoir traversé Lapoutroie. Le Faurupt dont les pentes sont couvertes de praîries, permet de découvrir un panorama magnifique des massifs montagneux environnants. Les randonnées pédestres sont nombreuses par les chemins forestiers.


DÉODAT, L'HOMME BON : LE BONHOMME
Déodat, devenu Saint Dié, naquit vers la fin du 6ème siècle d'une famille noble de la France occidentale.
Il fut promu au siège épiscopal de Nevers à une date qu'il est difficile de déterminer aujourd'hui. Il est également difficile de savoir pourquoi cet évêque quitta son diocèse pour venir en Alsace...
Etait-ce pour y rencontrer Saint Colomban et les moines irlandais venus évangéliser les montagnes vosgiennes ? Leur réputation de sainteté était telle que l'on venait de loin pour apprendre d'eux comment devenir un saint. La vie de Déodat fut écrite pour la première fois au 11ème siècle par un moine de Moyenmoûtier. D'après lui, le saint se serait d'abord arrêté dans la région de Bruyères pour y construire un monastère. Il fut contraint de quitter le pays sous la pression des habitants auxquels Déodat demandait de changer de vie. Il se dirigea vers l'Alsace. La forêt de Haguenau lui offrit une retraite sûre. Il y vécut en ermite.
D'autres ermites s'étaient fixés dans la région de "Novientum", maintenant Ebersmunster. Il vint les rencontrer et menèrent une vie commune. De nombreux disciples vinrent se joindre à eux. Inspiré de Dieu, sans doute, Déodat reprit la route pour annoncer l'Evangile ailleurs. Il parvint à un lieu nommé "Wilra", y bâtit un ermitage non loin d'une source. Ce Wilra devrait se situer entre l'Ammerschwihr actuel et Katzenthal, car on parle toujours là "de la fontaine de Saint Dié".
Parmi ses auditeurs, il faut citer les châtelains d'Hunawihr, le Comte Hunon et sa pieuse épouse Sainte-Huna. Il évangélisa les régions d'Ingersheim, de Kientzheim, de Sigolsheim.
Les habitants de l'actuel Ammerschwihr n'acceptant pas les reproches du Saint homme, le chassèrent. C'est alors qu'il se dirigea vers le Col qui le conduirait sur l'autre versant des Vosges. Il s'arrêta dans la forêt, y éleva un ermitage. Peut être rencontrait-il là, un groupe humain auquel il annonça la bonne parole ?
C'est ce groupe humain qui devint le village du Bonhomme. Mais ce n'était pas encore là que la providence l'attendait. Il se remit en route par la montagne jusqu'à ce qu'il atteignit le "Val de Galilée" (vallée de la Meurthe). Différentes fontaines jalonnent sa route. Elles sont encore appelées "Fontaine de Saint Dié". Il s'arrêta au pied du Kemberg, se fixa dans une grotte.
La réputation de sainteté du pieux solitaire se répandit rapidement et lui attira une foule de visiteurs. Les dons affluèrent, ainsi que la protection de Childéric II, roi d'Austrasie. Ce dernier lui concéda le Val de Galilée, ainsi que la région de Fraize et Provenchères.
Déodat fit construire un monastère où les moines vivaient selon la règle de Saint-Colomban. Vite trop plein, il dut en faire construire un autre au lieu dit "Jointure".
La petite église ou Notre Dame de Galilée fut construite à son emplacement. C'est là que reposèrent les restes de Déodat le saint, avant d'être transportés à la grande église, devenue la cathédrale de Saint Dié.


D'après J. GRUSS
Professeur au lycée de Colmar


LES ACTES MIS A VOTRE DISPOSITION :

  • Naissance > de 1719 à 1900
  • Mariage > de 1722 à 1900
  • Décès > de 1718 à 1900



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